Notre liberté se mesure t'elle aux distances que nous parcourons?

Publié le par Alexandra

L'article 13 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen évoque la liberté de se déplacer dans l'espace et dans le temps.

Par ailleurs, pour la plupart des politiciens et des responsables administratifs chargés de la mobilité et des tranports le lien entre déplacement et automobile est évident.

La question est la suivante : Le développement incontestable de la conscience écologique permettra t'elle de limiter l'usage de la voiture ?

Qu'estion d'autant plus d'actualité que le marché de l'automobile est en crise... Les plus grands responsables automobiles américains viennent quand même de demander une aide de l'Etat équivalente  financièrement au PIG d'un pays centrafricain ! ! 

Vincent Kaufman, sociologue suisse des transports apporte une réponse très riche à ce débat central pourtant si peu évoqué au plan national comme au plan local.

Selon lui, on a longtemps conçu les déplacements comme un interstice entre des activités quotidiennes sans réaliser qu'ils ont leur propre qualité et qu'on peut considérer qu'il est tout à fait agréable de se déplacer. 

L'idée que la population chercherait à minimiser ses temps de déplacements traverse les planifications urbaines depuis des dizaines d'années mais elle est fausse. 

Les gens ont profité des infrastructures rapides non pas pour minimiser leurs temps de déplacements mais pour aller plus loin ! !

Maya Vitorge, qui travaille à l'A'urba de la région grenobloise a développé une autre conception, celle du "chronoaménagement"... autoroutes apaisées, aménagements propices à une conduite plus douce...

Vincent Kaufman pose les choses autrement. Pourquoi ne pas considérer qu'une route, une voie engorgée c'est bien? pourquoi ne pas casser cette spirale infernale du " route saturée = construction d'une nouvelle voie?" Pourquoi ne pas assumer de rouler bien moins vite??

Une fois de plus on s'aperçoit que la place de la voiture dans la société est un débat fondamental, qu'il est abordé selon un prisme inchangé depuis toujours, que la possibilité de ne plus avoir d'autos pour se déplacer n'est pas envisagée comme une piste sérieuse... Bref que le champ de la réflexion est préorienté, sans débat voire sans prise de conscience réelle. 

Je voudrais qu'à l'échelle de ma ville, cette question soit posée sans limite, sans tabou, sans contrainte... pour libérer la parole, la créativité, le débat d'idées.   

Publié dans Transports

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