"Les projets de gratte-ciel démangent les élus"

Publié le par Alexandra

Réduire les distances entre son domicile et son lieu de travail permet naturellement une moins grande utilisation de son véhicule.

Par conséquent, lutter contre l'étalement urbain en densifiant la ville semble être une solution durable qui favorisera l'utilisation de déplacements doux, revivifiera les centres villes et naturellement réduira les GES.

Nous avons publié cet été un article où l'on apprenait que les élus de notre capitale réfléchissaient à la construction en hauteur... Nous y voyons là un projet intéressant et courageux parce que probablement impopulaire.

Les possibilités de densifier la ville sont multiples.

En attendant, je souhaite revenir aujourd'hui sur un article du Canard enchainé publié cet été. Je vous en livre quelques extraits.

"... aujourd'hui, une bonne trentaine de projets entre 120 et 300 mètres de haut sortent des cartons. Signés par les plus célèbres architectes, ils représentent une surcharge de près de 3 millions de m². C'est l'état qui a donné en 2004, le signal de départ de cette course vers les sommets. (le gouvernement avait lancé un programme de 12 nouveaux gratte-ciel dans le quartier de la Défense). Avec cette démarche, les élus ne cherchent pas seulement à laisser une trace durable dans le paysage, ils espèrent d'abord ramasser de l'argent frais, la vente des droits à construire représente un pactole ! !"
Etonnant comme info, d'autant plus que dans ce même article on apprend que La Tribune dans un numéro de juillet 2007 indiquait que l'investissement dans l'immobilier d'entreprise avait baissé de 60% et que certains administratifs de l'EPAD (Etablissement public d'aménagement de la défense) estimaient que les prix et les droits à construire allaient chuter d'au moins 20% en 2008.

On vous livre ces arguments parce tous les avis comptent, que chacun porte une partie de la vérité.
Je suis sûre que la lutte contre l'étalement urbain notamment par les constructions en hauteur mais pas seulement, sont une solution à mettre en pratique.Il y aura toujours des gens, des groupes, des entreprises qui feront du profit mais l'essentiel est de faire comprendre au plus grand nombre que l'on ne peut plus habiter loin de son travail .Tous les élus doivent raisonner autrement. Beaucoup d'ailleurs ont commencé à le faire...

 

Publié dans habitat - construction

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dreumont 13/11/2008 21:26

Olivier semble être une personne douée de raison, n'est-ce pas??Il n'y a pas grand chose à rajouter à son commentaire si ce n'est:traditionnellement l'habitat s'est développé autour de lieux présentant un intérêt vital,eau,terres arables, défenses stratégiques,continuer à bâtir sur ces lieux aujourd'hui contribue à se priver de ces ressources, voir à les polluer,d'autant que cela représente l' invasion , la colonisation d'un territoire par une espèce (homo sapiens) incapable d'entretenir à lui seul un écosystème équilibré. CRAPAUDS ECUREUILS DIPTÈRES DE TOUS LES CONTINENTS UNISSONS NOUS!!!!

Olivier 30/09/2008 06:33

suite.
Bien entendu, nous sommes d'accord :
1 : penser aux transports en commun et aux réseaux de circulation d'abord
2 : densifier la Ville, rapprocher les lieux de Vie (logements, équipements culturels, commerces...) des lieux de Travail
mais entre les pavillons de banlieue et les programmes de 50 à 100 étages, il y a des intermédiaires, non ?
Je crois qu'en réfléchissant à des programmes mixtes mêlant intimement locaux professionnels, logements de tous types et de toutes tailles, espaces de rencontre, petits commerces... le tout sur des hauteurs raisonnables (6 à 10 étages), irrigués par des réseaux doux de circulations piétonnes et cyclistes... on referait une Ville plus originale, plus agréable et surtout plus humaine.

Olivier 30/09/2008 06:24

Ce qui est profondément navrant dans cette question est que nos décideurs (élus, urbanistes, spéculateurs...) ont la mémoire bien courte. Lors des 30 glorieuses, dans la fièvre hygiéniste de la reconstruction d'après-guerre, on a bâti un grand nombre d'immeubles en hauteur. La sociologie des années 70 et les problèmes sociaux de la fin du siècle ont bien mis en exergue que le problème n'est pas "construire en hauteur ou en longueur ou en îlots" (ça, ce n'est qu'une approche de technicien), c'est "quel est le programme" ? En terme plus humain : qu'est ce qu'on met dans ces tours ? des bureaux ou des logements ? qu'est ce que la Vie dans ces tours ? où est-ce que Benjamin Moujeaux joue avec ses copains ?
Si c'est un programme de bureaux, les utilisateurs s'empressent de vouloir vivre dans de jolis pavillons de banlieues... problème accru de circulation. Si c'est un programme de logements, on sait ce que donne l'empilement d'appartements avec l'absence de mixité, la même cage d'escalier, l'absence de vie sociale...
Avant de se précipiter vers une solution technique (tour ? pas tour ?) j'aimerais que l'on tire partie des erreurs de la seconde moitié du XXe siècle et que l'on se pose la question "quelle Ville nous voulons ? quelle Vie nous voulons ? avec quels rapports humains ? quels lieux de rencontre ? quels espaces qui nous évite l'isolement et la ségrégation, les cloisons sociales et les déserts culturels ?"
Après avoir donné réponse à ces questions, nul doute que les architectes et les urbanistes sauront dessiner les programmes qui y correspondent... c'est ça aussi le DD !