Quelques vérités sur l'eau

Publié le par Stéphanie

L'eau douce ne représente que 2,5% du stock total d'eau sur la planète (les 97,5% restants étant salés) et elle est utilisée à 70% pour l'irrigation liée à l'agriculture.

La France, comme certains pays de l'Est et du Nord de l'Europe, a connu une baisse sensible de sa consommation domestique. Aujourd'hui, elle se situe au même niveau que l'Irlande, l'Allemagne et les Pays-Bas. Les trois pays d'Europe ayant les plus fortes consommations d'eau sont la Suisse, la Finlande et l'Italie. À l'inverse, la plus faible consommation d'Europe est en Belgique.

En moyenne sur les 150 litres d'eau utilisés chaque jour par chaque français, seul 1,5 litres est bu. Tout le reste concerne nos usages domestiques, qui se répartissent comme suit : 
-          7% pour l’alimentation : 1% pour la boisson, 6% pour la cuisine
-          93% pour l’hygiène et le nettoyage : 39% pour la douche et le bain, 20% pour les sanitaires, 12% pour la lavage du linge, 10% pour le lavage de la vaisselle, 6% pour la voiture et le jardin et 6% pour les divers (source Ademe).

En France, un logement (soit environ 2.5 personnes) consomme en moyenne 120 m3 d’eau (120 000 litres) par an. Ce volume varie selon le nombre de personnes habitant le logement, et le secteur géographique : on consomme un peu plus d’eau au nord qu’au sud de la Loire, en région parisienne qu’en province, en ville qu’à la campagne.

À ces chiffres s’ajoutent les consommations collectives auxquelles chacun participe (communes, écoles, hôpitaux,….), et les consommations des entreprises. Au total, hors industries et agriculture, on obtient une moyenne d’environ 210 litres par jour et par personne.

A titre d’exemple, il faut environ :

-          3 litres d'eau pour produire 1 litre de vin, et 1.5 litres d’eau pour l’embouteiller ;
-         
150 litres d’eau pour laver une voiture ;
-         
400 litres d’eau d'eau pour produire 1 m3 de béton prêt à l’emploi.

De nombreux ratios comme ceux qui précèdent sont disponibles, mais ne permettent pas toujours une représentation claire de la situation. En se plaçant à l’échelle de branches d’activité ou d’ensemble d’acteurs, la représentation est plus accessible.

Ainsi par exemple en Gironde :
-          les supermarchés consomment presque autant d’eau potable que l’activité viticole ;
-         
les coiffeurs consomment autant que les centrales de lavage de voitures ;
-         
le plus important consommateur d’eau du département est le CHU ;
-          et surtout, les habitants dans leurs logements consomment 75% de l’eau du robinet distribuée. Les entreprises n’en consomment que 10% et les établissements publics 15%.

Par conséquent, il en va de même pour l’eau potable, que pour l’énergie et les transports : les habitants en cumulé sont les premiers consommateurs-acteurs du défi de préservation de nos ressources naturelles.

Pour apprécier l’état des ressources en eau il faut aussi connaître le fonctionnement des systèmes aquifères naturels, or il est parfois complexe. Ainsi, les derniers printemps et étés ont été assez pluvieux dans certaines régions de France, et peuvent laisser penser qu’en matière de ressource en eau, la situation est actuellement plutôt favorable. Pourtant, ce n’est pas toujours le cas, notamment quand l’eau potable est produite à partir de nappes souterraines. En effet, le cycle de renouvellement de l’eau est beaucoup plus long dans les nappes que dans les rivières (quelques années, voire quelques milliers d’années, à comparer à quelques semaines voire quelques mois), et les nappes ne se rechargent qu’à certaines périodes (généralement d’octobre à mars ; en été l’évapo-transpiration est importante et peu d’eau s’infiltre) et dans certaines conditions (les pluies trop intenses ne s’infiltrent pas mais ruissellent).

Par exemple, toujours dans le département de la Gironde, 99% de l’eau du robinet est produite à partir de nappes souterraines profondes. Et elles sont localement trop exploitées (on y prélève 150 millions de m3/an alors que la capacité naturelle est de l’ordre de 120). Elles se renouvellent très lentement (l’eau de pluie s’infiltre plusieurs dizaines voire centaines de kilomètres en amont et percole sous terre à une vitesse de l’ordre de 1mètre/jour jusqu’à rejoindre l’océan) et l’eau y est âgée d’environ 20 000 ans et est d’excellente qualité. Ces nappes sont isolées de la surface, et sous pression, sous des couches géologiques imperméables. Les pluies ne rechargent donc pas directement ces nappes profondes, mais seulement les rivières et les nappes superficielles. Par conséquent, dans ce département de la Gironde, même si l’été est pluvieux, paradoxalement il faut économiser l’eau potable. Et pour la même raison, il est aussi important d’y économiser l’eau l’hiver que l’été.

 Enfin, au-delà de l’eau elle-même, il faut aussi penser :

-          A son contenant : quand on achète une bouteille d'eau : 80% du coût concerne l'emballage. L'eau de robinet coûte 100 à 300 fois moins cher que l'eau en bouteilles. Si nous buvions tous de l'eau du robinet cela nous permettrait d'économiser jusqu'à 240 000 tonnes de plastique par an ;

-          A son éventuel chauffage : dans les logements plus de 30% de l’eau du robinet est chauffée. L’eau chaude sanitaire représente environ 20% de la facture énergétique des logements. Consommer moins d’eau permet de réduire sa facture énergétique, et de réduire celle de la collectivité : l’eau non consommée ni pompée, ni potabilisée, ni traitée après usage.

Et avec des gestes simples (douche plutôt que bain, relevé régulier du compteur, pas d’eau qui coule inutilement, arroser à la fraiche,…) et de petits équipements adaptables (douchette éco et flexible renforcé, aérateurs éco pour l’évier et le lavabo et sac WC pour réduire le volume de chasse d’eau), on peut réduire sa consommation de 30%  pour un investissement d’au plus 100€, rentabilisé en moins d’un an.

Sources : centre d'information de l'eau et www.jeconomiseleau.org 2007. Merci au SMEGREG également pour les informations contenues dans cet article.

 

 

Publié dans Bonnes pratiques

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